MASHTEUIATSH ET CHICOUTIMI : DEUX NATIONS, UNE HISTOIRE À CÉLÉBRER
- 20 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 févr.
Un partenariat qui redonne voix à 350 ans de rencontres
PAR HÉLÈNA DELAUNIÈRE
Responsable des services de recherche
Chicoutimi célèbre ses 350 ans, mais cette fête ne se limite pas à l’histoire euro-québécoise. Grâce à un partenariat avec la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh (SHAM), les Premières Nations occupent une place centrale dans les festivités. Une démarche qui vise à rappeler que ce territoire fut, bien avant le poste de traite, un lieu millénaire de rencontre.
« Il était essentiel pour nous de participer à cette célébration. Chicoutimi et Mashteuiatsh partagent une histoire commune qui mérite d’être mise en lumière. Notre rôle est de contribuer à ce récit avec authenticité et respect des cultures », souligne Isabelle Genest, directrice générale de la SHAM.
UN LOGO QUI PARLE D'IDENTITÉ
En 2024, la SHAM a signé l’image officielle des fêtes grâce au talent de Marie-Michèle Lambert, membre des Pekuakamiulnuatsh. Son œuvre, une fleur de bleuet stylisée, est bien plus qu’un simple motif : elle incarne la région et la culture ilnu. « Le bleuet est au cœur de notre identité, autant sur le plan culturel que médicinal. Il représente un pont entre nos deux nations. Je voulais créer une image qui parle à tout le monde, qui raconte une histoire sans mots, en puisant dans nos symboles et notre mémoire collective. », explique Marie-Michèle Lambert. Ce choix n’est pas anodin : le bleuet, présent en abondance dans la région, est un symbole fort pour les Pekuakamiulnuatsh, porteur de valeurs de partage et de vitalité. Par ce logo, l’artiste a su traduire visuellement l’esprit des célébrations : une rencontre entre cultures, enracinée dans un territoire commun.
DEUX PROJETS PHARES POUR 2026-2027
Le partenariat ne s’arrête pas à la conception graphique. Deux initiatives majeures verront le jour : une exposition itinérante pour rapprocher les générations et un parcours numérique immersif retraçant la route des fourrures sur le Domaine-du-Roi.
UNE EXPOSITION ITINÉRANTE POUR RAPPROCHER LES GÉNÉRATIONS
Dès mai 2026, le Musée ilnu de Mashteuiatsh accueillera une exposition unique consacrée à la rencontre entre les Premières Nations et les Euro-québécois. Conçue pour un large public, elle s’adresse particulièrement aux jeunes de 6 à 17 ans, avec des contenus interactifs et pédagogiques adaptés à chaque tranche d’âge. Après son lancement à Mashteuiatsh, l’exposition voyagera à La Pulperie de Chicoutimi, permettant à un vaste public régional de découvrir cette histoire commune. « Ce sera une expérience immersive qui invite à réfléchir sur ce que nous avons en commun, tout en favorisant la compréhension interculturelle », souligne Isabelle Genest, directrice générale de la SHAM.

UN PARCOURS NUMÉRIQUE IMMERSIF POUR FAIRE REVIVRE LA ROUTE DES FOURRURES
En collaboration avec plusieurs institutions patrimoniales, la SHAM travaille à la création d’un parcours numérique immersif qui permettra de découvrir la route des fourrures sur le territoire historique du Domaine-du-Roi. « Nous voulons que les gens puissent marcher virtuellement sur les traces de ceux qui ont façonné notre histoire », explique Isabelle Genest.
Ce projet novateur vise à créer un dialogue entre passé et présent, en mettant en lumière les échanges, les alliances et les impacts identitaires liés au commerce des fourrures. Plus qu’une simple expérience technologique, il se veut un outil de transmission culturelle et historique, mais aussi une plateforme de réflexion pour les générations futures. Le parcours sera développé en partenariat avec des institutions muséales et patrimoniales majeures, dont le poste de traite de Mashteuiatsh, le Centre d’histoire et d’archéologie de la Métabetchouane, La Pulperie de Chicoutimi, le poste Chauvin à Tadoussac et le Vieux-Poste de Sept-Îles.

UNE HISTOIRE COMMUNE À RACONTER
Ces initiatives marquent une volonté forte : faire vivre une mémoire partagée et offrir aux générations futures une vision inclusive de l’histoire régionale. Ce n’est pas seulement une fête, c’est une occasion de bâtir des ponts, d’unir mémoire, culture et innovation pour raconter une histoire partagée.






